« Le diable le prend à nouveau avec lui sur une très haute montagne. Il lui montre tous les royaumes de l’univers et leur gloire. Il lui dit : Tout cela, je te le donne, si tu t’inclines et te prosternes devant moi ».
Le Christ nous dit la Bible a décliné l’offre, seule la voie juste et de vérité est acceptable pour lui. Trump et Musk n’ont pas eu ces états d’âme et ont accepté l’offre, sans réserve ! Ils n’ont pas hésité un seul instant à utiliser tous les outils tordus d’influence possibles et imaginables : réseau social X, montagnes d’argent, leurs savoir-faire et talents en matière de mensonges, manipulations, tricheries, fake-news grossières, fausses vidéos, achats de vote, promesses en tous genres. « Le diable gît dans les détails » dit-on…
Et les voilà propulsés dans la toute-puissance promise par le diable, bien au-delà de la seule sphère géographique des Etats-Unis.
Quant à Trump, définitivement débarrassé de ses fardeaux judiciaires, premier président « au-dessus des lois », fort de l’immunité accordée par la Cour Suprême, il se constitue une équipe « aux petits oignons », une équipe calibrée pour se venger, « un défilé de cinglés », une équipe « 100% sans adultes dans la pièce », une vraie « dream team » pour les visées impérialistes et racistes de Netanyahu, pour libérer les assaillants du Capitole emprisonnés, entre autres…
Déjà, avant même sa prise de fonction, la guerre économique est lancée, le conflit Russo-Ukrainien se déchaine, une bonne partie de la planète est en apnée. Pas les plus riches : les financiers, boursicoteurs, cryptomonnaies sont euphoriques ! L’Europe elle, chancelle : la guerre est à ses portes avec son lot de peurs, défis et divisions, et c’est le moment où la France et l’Allemagne, ses deux piliers traditionnels, s’enfoncent dans des crises économiques et politiques qui les installent durablement en positions de faiblesse.
Donc, voilà le chaos « diabolique » en route, et pour dire le fond de ma pensée : c’est un mal nécessaire.
Mal nécessaire, car faute d’avoir entendu et écouté en temps et en heure les avertissements, nombreux, faute d’avoir corriger le tir d’un système qui certes nous a longuement et largement profité, il n’y a désormais plus d’autres issues que de laisser ce système aller à son paroxysme, au bout du bout de sa folie, de son hubris.
Et très clairement, nous y arrivons !
Tout y est :
Le politicien, homme d’affaire véreux, tricheur et menteur patenté, habile communiquant à l’ego « Mussolinien », poussé par une soif pathologique de reconnaissance et par la force d’une « fuite en avant » éperdue et vitale pour ne pas se faire attraper par le shérif.
Sans oublier le peuple « zombifié », perdu dans les tourbillons de la vie, du « moove » du « fun », cannabis cocaïne et chemsex, consommations et loisirs factices, « moi-je » de la téléréalité des réseaux et de Tik-tok, Black-Friday et halloween… plus de temps pour penser, réfléchir, analyser, comprendre et apprendre. Juste enchainer et s’en remettre à ceux qui promettent que l’on pourra continuer à jouir de nos jouets, sans entraves, et d’en obtenir plus encore !
J’évoquais en introduction nos vieilles traditions religieuses, celles dont nous nous sommes débarrassés en les regardant comme des « égarements imaginaires », dès lors que nous avions atteint un niveau de « surnature » technoscientifique qui nous donnait une « puissance d’agir » à l’égal des dieux. Ainsi l’Homme « créature » qui s’en remettait à son « créateur », s’est débarrassé de la tutelle divine lorsqu’il a acquis une « puissance d’agir » lui permettant de se hisser lui-même au rang de « créateur » de son monde. Puissance « créatrice » confisquée cependant par un très petit nombre d’individus, et qui en font un mésusage aux conséquences dévastatrices qui interroge sur ce qui manque pour qu’il en soit autrement.
Alors peut-être faut-il, face au désastre qui se dessine, voir ce que ces traditions pourraient encore avoir à nous dire sans qu’il faille pour cela retourner à la position de « créature soumise » dont nous sommes sortis à raison :
« Il nous faut arracher le concept de Dieu à ses usages religieux et nous tourner vers lui, non plus pour le prier et faire comme s’il existait, mais pour nous inspirer de lui comme du SEUL MODELE IMAGINAIRE DISPONIBLE D’UN MAXIMUM DE PUISSANCE ET DE SAGESSE REUNIE EN UN SEUL ÊTRE. »*
Puissance et sagesse réunies ensemble. Oh oui, comme nous en aurions besoin !
« Il nous est demandé, comme à lui Jésus, de choisir le meilleur usage de la surpuissance et de la surnature. Ce qui était le choix réservé aux prophètes devient le choix offert à la responsabilité de tous. Comment pouvons-nous nous inspirer de lui qui refuse de se prosterner devant le diable, qui repousse la tentation du pouvoir absolu sur tous les royaumes ? »*
Et j’ajouterais : qui refuse l’usage de moyens malhonnêtes, trompeurs, manipulateurs pour parvenir à ses fins.
Ces considérations éclairent une voie de sortie de nos impasses actuelles, qui consisterait à agir pour permettre au plus grand nombre d’humains d’accéder à leur dimension créatrice, en refusant les systèmes qui ne réservent cette possibilité qu’à un petit nombre d’élus privilégiés. Cela suppose de mettre d’abord en œuvre les conditions d’un accès de tous à la sécurité (alimentaire, physique, psychique), à l’éducation, la formation, la connaissance de soi, en veillant toujours à un usage « sage » des capacités créatrices de chacun.
Nous n’y sommes pas encore. Nous allons d’abord avoir à nous confronter aux conséquences de nos errements, dénis et complaisances, à intégrer le désastre où mène l’hubris d’ego malades que nous avons laissé advenir en nous amusant de leurs outrances. Nous allons d’abord devoir mesurer les conséquences d’avoir applaudi aux dérégulations, « l’état est le problème », aux « moi et mon pays d’abord », au déni climatique, à la quête du toujours plus, à la voracité de pouvoir et de jouissance, aux slogans simplistes, à l’indifférence aux drames du monde.
Mais dès maintenant préparer « l’après », être prêts à se mettre autour d’une table avec des visions nouvelles.
* Les citations sont d'Abdennour BIDAR, dans « Comment sortir de la religion »


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