D'où je parle...


Mon parcours...

Je suis né en 1954.

Après 18 années d'expériences professionnelles très diversifiées notamment au sein d'entreprises commerciales à Paris et dans la Drôme, je prends la Direction Adjointe d'une entreprise d'insertion par l'activité économique.

En 93 je contribue à la création et j’anime une association expérimentale et innovante sur le bassin de Romans-sur-Isère qui connaît alors le taux de chômage le plus élevé de la région Rhône-Alpes. "Initiatives pour l'Emploi - Maison des Chômeurs" propose aux personnes sans emploi un lieu ressource convivial, d’écoute et d’expression, de remobilisation et d'entraide, où chacun peut s’impliquer pour soutenir les recherches de solutions aux problèmes sociaux, psychologiques, administratifs, d’emploi et d’activité rencontrés par ses membres. 
Elle développe autour d’un noyau de professionnels, une dynamique d’entraide mutuelle bénévole permettant aux volontaires de retrouver du lien et un sentiment d’utilité sociale. L’objectif est de soutenir les expérimentations et créations d’activité, les démarches de reconversions professionnelles, les recherches d'emploi, faire valoir les droits et résoudre les problèmes avec les institutions. L’association portera une "couveuse d'activité" innovante et un réseau de parrains.
L'association s'est impliquée dans le réseau "Partage", dans celui des "Maisons des Chômeurs", et dans le "Mouvement National des Chômeurs et Précaires" (MNCP) apportant sa contribution à la reconnaissance d’une représentation des personnes sans emplois, indépendante des syndicats, auprès des institutions et du grand public. Elle aura été en première ligne d'un front social émergeant dans une période où la France connaît un chômage record (1997), record malheureusement battu en mars 2013.

En 2001 je prends la direction d’un Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS) implanté dans la campagne Savoyarde et doté d’une activité d’insertion par l’activité économique à partir d'une production maraîchère biologique de type « Jardin de Cocagne ». L’association héberge, propose du travail et accompagne la réinsertion d’une soixantaine de personnes par an. L’hébergement permet l’accompagnement sur la durée de problématiques lourdes de précarité et d’exclusion, de dépendance, de souffrance psychique et maladie mentale.

Fin 2009 je prends la direction du Pôle d’Hébergement d’Urgence de la ville de Grenoble qui a la charge du plus important centre d’hébergement d’urgence du département de l’Isère. L’année 2010 est marquée par une forte affluence de « demandeurs d’asile » - essentiellement des Roms des pays de l’ex-Yougoslavie - qui conduira à la saturation durable de l'ensemble des dispositifs locaux d'hébergement et à l'émergence de campements et habitats précaires. Le fameux "discours de Grenoble" viendra aussi marquer les esprits autour des tensions et embrasements du quartier de la Villeneuve qui feront suite à la mort d'un des braqueurs du Casino d'Uriage, illustration du climat politique délétère qui se déploie en toile de fond de l'exercice de nos missions.    

En janvier 2013 à l'échéance de mon contrat, je renonce à poursuivre un engagement social intense dans le contexte très dégradé d'un système global à bout de souffle.

Je poursuis depuis, à distance de l'agitation mentale trépidante de notre société en crise, une observation et recherche attentive, pour continuer à démêler et éclairer les grandes lignes de force qui donnent sens aux évènements contemporains.
C'est d'abord la question du réchauffement climatique qui vient bouleverser la lecture que nous devons avoir de l'épopée industrielle du vingtième siècle et de la domination occidentale du monde installée depuis les explorations conquérantes "des caravelles de Christophe Collomb et Vasco de Gama".
C'est surtout le constat d'une humanité qui s'enfonce irrémédiablement dans une nouvelle absence à elle-même, vers un nouveau chaos qu'aucun argument raisonnable ne semble en mesure d'empêcher.
Plus que jamais un réveil des consciences est nécessaire, et je veux continuer à faire ma part malgré l'avertissement désabusé de Stephan ZWEIG qui voyant venir avant tout le monde les drames qu'allait engendré le nazisme se demandait : "pourquoi troubler des gens qui ne veulent pas se laisser inquiéter !" 


Christian Chevalier

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