27 novembre 2024

TRUMP / MUSK : MESUSAGE DE LA SURPUISSANCE, LA TENTATION DU CHRIST

« Le diable le prend à nouveau avec lui sur une très haute montagne. Il lui montre tous les royaumes de l’univers et leur gloire. Il lui dit : Tout cela, je te le donne, si tu t’inclines et te prosternes devant moi ».

Le Christ nous dit la Bible a décliné l’offre, seule la voie juste et de vérité est acceptable pour lui. Trump et Musk n’ont pas eu ces états d’âme et ont accepté l’offre, sans réserve ! Ils n’ont pas hésité un seul instant à utiliser tous les outils tordus d’influence possibles et imaginables : réseau social X, montagnes d’argent, leurs savoir-faire et talents en matière de mensonges, manipulations, tricheries, fake-news grossières, fausses vidéos, achats de vote, promesses en tous genres. « Le diable gît dans les détails » dit-on…
Et les voilà propulsés dans la toute-puissance promise par le diable, bien au-delà de la seule sphère géographique des Etats-Unis.
Elon Musk, fort d’une fortune qui avoisine maintenant les 350 milliards de dollars et de ses incroyables succès, continu de Twitter à tout va, jouant de son influence sans limites, s’incrustant dans les débats géopolitiques partout dans le monde.
Quant à Trump, définitivement débarrassé de ses fardeaux judiciaires, premier président « au-dessus des lois », fort de l’immunité accordée par la Cour Suprême, il se constitue une équipe « aux petits oignons », une équipe calibrée pour se venger, « un défilé de cinglés », une équipe « 100% sans adultes dans la pièce », une vraie « dream team » pour les visées impérialistes et racistes de Netanyahu, pour libérer les assaillants du Capitole emprisonnés, entre autres…
Déjà, avant même sa prise de fonction, la guerre économique est lancée, le conflit Russo-Ukrainien se déchaine, une bonne partie de la planète est en apnée. Pas les plus riches : les financiers, boursicoteurs, cryptomonnaies sont euphoriques ! L’Europe elle, chancelle : la guerre est à ses portes avec son lot de peurs, défis et divisions, et c’est le moment où la France et l’Allemagne, ses deux piliers traditionnels, s’enfoncent dans des crises économiques et politiques qui les installent durablement en positions de faiblesse.
Donc, voilà le chaos « diabolique » en route, et pour dire le fond de ma pensée : c’est un mal nécessaire.
Mal nécessaire, car faute d’avoir entendu et écouté en temps et en heure les avertissements, nombreux, faute d’avoir corriger le tir d’un système qui certes nous a longuement et largement profité, il n’y a désormais plus d’autres issues que de laisser ce système aller à son paroxysme, au bout du bout de sa folie, de son hubris.
Et très clairement, nous y arrivons !
Tout y est :
Le politicien, homme d’affaire véreux, tricheur et menteur patenté, habile communiquant à l’ego « Mussolinien », poussé par une soif pathologique de reconnaissance et par la force d’une « fuite en avant » éperdue et vitale pour ne pas se faire attraper par le shérif.
Et puis l’apprenti sorcier génial, traitant sa dépression de savant borderline à coup de Kétamine, un genre de gamin immature mais surdoué, au point d’être devenu l’homme le plus riche du monde et l’un des plus influent.
Sans oublier le peuple « zombifié », perdu dans les tourbillons de la vie, du « moove » du « fun », cannabis cocaïne et chemsex, consommations et loisirs factices, « moi-je » de la téléréalité des réseaux et de Tik-tok, Black-Friday et halloween… plus de temps pour penser, réfléchir, analyser, comprendre et apprendre. Juste enchainer et s’en remettre à ceux qui promettent que l’on pourra continuer à jouir de nos jouets, sans entraves, et d’en obtenir plus encore !
J’évoquais en introduction nos vieilles traditions religieuses, celles dont nous nous sommes débarrassés en les regardant comme des « égarements imaginaires », dès lors que nous avions atteint un niveau de « surnature » technoscientifique qui nous donnait une « puissance d’agir » à l’égal des dieux. Ainsi l’Homme « créature » qui s’en remettait à son « créateur », s’est débarrassé de la tutelle divine lorsqu’il a acquis une « puissance d’agir » lui permettant de se hisser lui-même au rang de « créateur » de son monde. Puissance « créatrice » confisquée cependant par un très petit nombre d’individus, et qui en font un mésusage aux conséquences dévastatrices qui interroge sur ce qui manque pour qu’il en soit autrement.
Alors peut-être faut-il, face au désastre qui se dessine, voir ce que ces traditions pourraient encore avoir à nous dire sans qu’il faille pour cela retourner à la position de « créature soumise » dont nous sommes sortis à raison :
« Il nous faut arracher le concept de Dieu à ses usages religieux et nous tourner vers lui, non plus pour le prier et faire comme s’il existait, mais pour nous inspirer de lui comme du SEUL MODELE IMAGINAIRE DISPONIBLE D’UN MAXIMUM DE PUISSANCE ET DE SAGESSE REUNIE EN UN SEUL ÊTRE. »*
Puissance et sagesse réunies ensemble. Oh oui, comme nous en aurions besoin !
« Il nous est demandé, comme à lui Jésus, de choisir le meilleur usage de la surpuissance et de la surnature. Ce qui était le choix réservé aux prophètes devient le choix offert à la responsabilité de tous. Comment pouvons-nous nous inspirer de lui qui refuse de se prosterner devant le diable, qui repousse la tentation du pouvoir absolu sur tous les royaumes ? »*
Et j’ajouterais : qui refuse l’usage de moyens malhonnêtes, trompeurs, manipulateurs pour parvenir à ses fins.
Ces considérations éclairent une voie de sortie de nos impasses actuelles, qui consisterait à agir pour permettre au plus grand nombre d’humains d’accéder à leur dimension créatrice, en refusant les systèmes qui ne réservent cette possibilité qu’à un petit nombre d’élus privilégiés. Cela suppose de mettre d’abord en œuvre les conditions d’un accès de tous à la sécurité (alimentaire, physique, psychique), à l’éducation, la formation, la connaissance de soi, en veillant toujours à un usage « sage » des capacités créatrices de chacun.
Nous n’y sommes pas encore. Nous allons d’abord avoir à nous confronter aux conséquences de nos errements, dénis et complaisances, à intégrer le désastre où mène l’hubris d’ego malades que nous avons laissé advenir en nous amusant de leurs outrances. Nous allons d’abord devoir mesurer les conséquences d’avoir applaudi aux dérégulations, « l’état est le problème », aux « moi et mon pays d’abord », au déni climatique, à la quête du toujours plus, à la voracité de pouvoir et de jouissance, aux slogans simplistes, à l’indifférence aux drames du monde.
Mais dès maintenant préparer « l’après », être prêts à se mettre autour d’une table avec des visions nouvelles.
* Les citations sont d'Abdennour BIDAR, dans « Comment sortir de la religion »

12 novembre 2024

TRUMP / MUSK, LE CHOIX DE LA « TOUTE PUISSANCE », QUELS EFFETS SUR LE MONDE ?

Vous connaissez l’adage qui veut que des hommes forts engendrent des temps faciles, que les temps faciles engendrent des hommes faibles, hommes faibles qui engendrent des temps difficiles, temps difficiles qui génèrent des hommes forts, et ainsi de suite dans une boucle sans fin.

Et bien nous voilà clairement dans une phase de grand déclin, en route vers des temps encore plus difficiles.

Car il ne faut pas s'y tromper, Trump, Musk, Poutine, Orban, Netanyahu, Modï et pas mal d’autres parmi les leaders du temps ne sont pas des hommes forts. Non. Ce sont des humains médiocres derrière des ego démesurés, des hommes sans éthiques, sans humanité, ambitieux, corrompus, manipulateurs, tricheurs, outranciers, insultants, violents, racistes… le genre d’homme que la faiblesse du plus grand nombre laisse accéder aux responsabilités parce qu’ils sont mûs par une avidité de pouvoir démesurée, qu’ils savent manœuvrer et caresser leurs publics dans le sens du poil.

Et donc le pays le plus puissant du monde vient d’accorder les pleins pouvoirs à un homme qui est une caricature de ces ego malades, qui a par ailleurs demandé et obtenu de la Cour Suprême de son pays, une immunité totale pour tout ce qu’il fera dans l’exercice de son mandat de Président. Et il sera épaulé dans ses projets par l’homme le plus riche du monde, créateur génial qui a vu sa fortune grimper de 25 Milliards en une seule journée suite à l’élection de son mentor. Voilà donc un couple dans la toute puissance à la tête du pays leader mondial.

Alors oui nous allons nous enfoncer vers des temps difficiles, déjà bien entamés mais qui vont prendre une toute autre ampleur, de remise en cause de l’état de droit, de contestation des autorités, de justice et de vérités alternatives, de refus d’obtempérer, d'incivilités, d’absence de règles et de régulations, de loi du plus fort, de compétition déloyale, de chacun pour soi, de suprémacisme et racisme débridés, de lutte communautaires, de finance « casino », d’enrichissement et de faillites spectaculaires, d’argent roi et sans odeur, de corruption…

Certes il faudra un peu de temps pour que tout cela se mette en place et pour que derrière les premières mesures spectaculaires et la probable euphorie des premiers temps apparaissent au grand jour les effets pernicieux, systémiques, humainement dramatiques des zones ombrageuses de ces apprentis sorciers complètement décomplexés.

L’Europe va probablement en être sérieusement ébranlée et fragilisée, en risque de dislocation.

La France qui n’a pas attendu le retour de Trump pour se décomposer, se fragmenter, se déchirer, risque de payer le prix fort de ses politiques aventureuses, aveugles, arrogantes que d’aucun voudront lui faire payer.

Bref, la tempête va redoubler d’intensité et s’annonce sévère. La mer se retire et il vaut mieux ne pas se laisser emporter par la marée descendante, tenir pour garder son Humanité et la vie autour qui va avec dans l’attente du ressac dont on peine à entrevoir l’échéance. 

31 octobre 2024

LE MONDE DANS LE MUR AVEC TRUMP ?

 Rien à enlever dans cette vidéo que j’ai produite en janvier 2022.

C’est même le scénario du pire qui est en route : la justice américaine bien fragile a été incapable de juger la sédition et les multiples tentatives d’inverser le cours des élections, encore moins de l'empêcher de répandre ses messages de haine ; la nocivité de Trump a été contagieuse encourageant le développement de toutes les outrances et débordements des autocrates du monde.
Partout les extrêmes droites se lâchent de manière complètement décomplexée. Trump a ouvert la voie à Poutine et Netanyahou, Poutine ouvre la porte à Kim Jong Un, en Europe Orban pavane et fait tâche d'huile, Meloni et Musk main dans la main….
Wall-Street anticipe déjà la victoire de Trump.
Trump, qui malgré une suite ininterrompue d’évènements climatiques destructeurs partout sur la planète, et au moment où l’Espagne subit encore une goutte froide particulièrement dévastatrice et plus de 70 morts, continu sur la lancée de son déni climatique irresponsable à vouloir développer à outrance les forages et fracturations, à soutenir le mode de vie à l’américaine déjà complètement hors sol, à engager toutes les guerres économiques qui pourraient enrichir encore plus les américains.
Sert-il encore à quelque chose de dire que l’on court au désastre ???
Juste une façon de poser qu’à l’heure des smartphones, et de l’internet, où plus rien dans le monde n’échappe à la vue du plus grand nombre, et bien nous en sommes toujours au même point d’aveuglement que dans les années 1930, lorsque le fascisme, le nazisme, le stalinisme, le nationalisme Japonais, pointaient le bout de leur nez, s’installaient dans les esprits, gagnaient en puissance et se préparaient à entrainer le monde dans la folie d’années d’horreurs sanguinaires.
Il manque toujours à la collectivité humaine des éléments de compréhension partagés par suffisamment de monde pour contenir les menaces de destructions massives qui prennent régulièrement le dessus.
Ce n’est pas une fatalité, je le crois sans réserve, même si je m’apprête à devoir observer et sans doute subir, des désastres que je n’aurais jamais cru possible jusqu’à il y a quelques mois encore.

https://youtu.be/ikPJKpGZ9Ag





16 octobre 2024

ELECTIONS AMERICAINES DU 5 NOVEMBRE 2024 : CE POINT DE BASCULE DE L’HISTOIRE QUI VIENT

Quelle que soit l’issue du scrutin du 5 novembre, nous aurons de toute façon affaire à une Amérique fracturée, au bord de la guerre civile, dans un monde plongé lui-même, sur tous les continents, dans des tensions exacerbées.

L’Europe, qui n’arrive pas à s’unir, dépendante de l’extérieur - contrairement à l’Amérique - pour ses ressources minières et d’énergie primaire qu’elle paye au prix fort, se révèle très vulnérable face à des Etats-Unis qui n’hésitent plus à la jouer « solo » et à nous concurrencer frontalement avec une force de frappe démesurée. Et ces difficultés, auxquelles se rajoutent les menaces de guerre à nos portes qui nous voient bien démunis si d’aventure le « grand frère » américain devait se retirer, avivent aussi chez nous toutes sortes de nationalismes agressifs, qui exacerbent tensions et risques de fracture.

En France, pas mieux, au contraire même. Nous voilà durablement affaiblis : nos champions de l’économie libérale découvrent une dette abyssale qu’ils n’ont pas vu venir ; nos services publics « à l’os » craquent de toute part ; des adolescents perdus s’entretuent sans que nous puissions y remédier ; nos pouvoirs politiques sont décrédibilisés ; l’autorité de l’Etat est chancelante ; les affrontements politiques menacent les institutions …
Ainsi rien ne semble pouvoir arrêter cette logique d’enfermement de l’Occident dans une compétition et un chacun pour soi paroxystiques qui s’apparentent de plus en plus à un suicide collectif où le seul objectif raisonnable, et pour lequel les Etats-Unis ont plusieurs longueurs d’avance, serait d’essayer de faire partie des derniers à profiter et mourir !
Mais si point de bascule il y a en ce 5 novembre, ce ne sera jamais que le point d’orgue d’une longue suite de glissements que rien n’a pu arrêter.
Citons d’abord Ronald REAGAN, inventeur du « Make America Great Again », et qui a posé dans les années 80 les bases d’une Amérique décomplexée, d’abord préoccupée d’elle-même, usant de toute ses forces économiques, politiques, militaires et financières, dans des croisades d’écrasement de ses adversaires désignés. Et « With God on our side » bien sûr, comme l’avait chanté Dylan dans les années 60.
Et puis, autre moment de bascule majeur, celui des élections de l’an 2000, où à l’issue d’un scrutin incertain et de plusieurs semaines de recomptage des voix de la Floride, c’est Georges W. BUSH qui est déclaré vainqueur par décision de la Cour Suprême, face à un Al GORE ayant obtenu plus de voix, et qui surtout était prêt à engager l’Amérique dans une politique volontariste de lutte contre le réchauffement climatique. Mais BUSH, lui, va poser une règle suprême à sa politique : « on ne touche pas au mode de vie des américains ». Tout est dit dans cette phrase qui va enfermer le monde dans la continuité d’une compétition sauvage, où les américains vont utiliser toutes les variantes de leur puissance, dans des passages en force enrobés d’un messianisme primitif, qui dissimule mal leur quête avide de profits personnels. Ils se retireront ou se tiendront à l’écart de la plupart des instances supranationales susceptibles de freiner leurs ardeurs agressives, dérives autoritaires et arbitraires, jusqu’à l’indignité des tortures d’Irak et de Guantanamo.
Barak Obama se montrera bien impuissant à mettre fin à ces dérives, et il n’aura pas non plus le courage d’affronter le monde de la finance après la crise de 2008. Peur sans doute de tuer « la poule aux œufs d’or » devenue déjà trop complexe pour que quiconque puisse entrevoir comment la maîtriser sans la tuer complètement. Ce gigantesque mais incontrôlable « casino » de Wall-Street et des banques, devenu dès-lors tout-puissant, pouvait continuer à mettre des montagnes de cash à disposition des Bezos, Elon Musk et autres BlackRock, ruisselant de la même manière sur toutes les puissances d’argent et entrepreneuriales du monde. Mais donc, voilà que dans un angle mort peu accessible à la compréhension de tout un chacun, a fini par advenir un monstre qui signe le total triomphe des riches actionnaires, un monstre dont personne ne maîtrise plus vraiment le fonctionnement, les banques centrales se contentant de gérer quelques curseurs à la marge, contraintes aussi parfois de modifier en urgence des règles du jeu, pour éviter l’effondrement d’une pyramide tellement instable et gigantesque que personne ne peut prévoir les dégâts que sa chute entrainerait.
Alors Trump finalement, et dans son duo improbable avec Elon Musk que l’on pourrait croire sortie tout droit d’un roman d’anticipation, s’inscrit parfaitement bien dans la continuité de cette folie collective d’individus avides qui ne veulent penser qu’à eux-mêmes. Ils savent que l’Amérique c’est « the Land of Plenty », une Terre d’Abondance qui leur assure une supériorité sur tout le reste du monde, qui dispose d’à peu près tout en quantité quasi illimité, et ils veulent en profiter au maximum, jusqu’au bout, d’abord pour eux-mêmes. Une pensée primitive, pulsionnelle, sans fondements, prête à toutes les outrances, les effets de com, les mensonges, les insultes, les manipulations, les fake-news, les tricheries, les menaces, les coups de force. Et ça marche ! Et c’est sans doute le plus incroyable de cette histoire.
Ce que l’on a du mal à repérer dans cette histoire, me semble-t-il, c’est qu’il s’agit là d’une énième soubresaut désormais totalement décomplexée, d’un suprémacisme blanc, qui est cette idée, presque inconsciente, inscrite dans les cultures de bien des pays occidentaux, depuis « les caravelles de Christophe Collomb et de Vasco de Gama », qui poussent certains à penser qu’ils disposent d’une légitimité supérieure à dominer et profiter des autres, quelles qu’en soient les conséquences pour ces « autres » justement. Au fond cela s’inscrit dans la continuité de l’esprit qui a guidé les conquêtes des Européens blancs chrétiens, qui depuis la fin du XVe siècle notamment, utilisent leur puissance supérieure pour conquérir et organiser le monde à leur manière et en capter avantageusement un maximum de ressources. L’Amérique, devenue hyperpuissance, est d’ailleurs en quelque sorte le chef-d’œuvre abouti de cet esprit de conquête, au prix - il faudrait arriver à enfin le reconnaître - d’un des seuls « grand remplacement » réellement mis en œuvre dans l’histoire. Et faut-il s’étonner d’assister, au moment où cette suprématie millénaire est menacée par la montée en puissance des pays autrefois vassalisés, à une crispation sur les « avantages acquis » et qui contribue à cette résurgence des valeurs et forces anciennes qui ont servi à cette domination que nous ne voulons pas lâcher.
Bien sûr il ne s’agit pas de voir tout en bien ou en mal, de cette histoire tellement riche, complexe, diversifiée, de créativité, d’inventivité, de puissance, qui aura aussi souvent contribué à développer et pacifier le monde.
Mais enfin, nous voilà, c’est un fait, dans un moment critique. Un moment où – et ce n’est pas la première fois - l’égoïsme, le chacun pour soi, la loi du plus fort - la « loi de la sélection naturelle » en quelque sorte - domine à nouveau, triomphe, et pourrait en ce 5 novembre 2024 atteindre un seuil critique pour l’humanité toute entière. Et peu importe en fait qui sera vainqueur, car Kamala Harris, quel que soit son humanisme et sa personnalité réfléchie, plus équilibrée que son adversaire, ne pourra pas guérir l’Amérique et l’Occident malgré eux. Une Amérique beaucoup trop ancrée dans la sacralisation d’un mode de vie qui est un obstacle aux changements nécessaires du monde, malade aussi d’une finance toute-puissante qui profite largement au pays, et sert aussi largement toutes les oligarchies de la planète.
C’est donc toute l’humanité et l’Occident en particulier qui devrait s’interroger sur son avenir et sur les valeurs à prioriser. C’est un vrai besoin d’une sorte de thérapie collective qui se fait jour : mettre à plat, analyser lucidement les grandes étapes de nos histoires communes sur le temps long ; remettre de l’ordre dans le regard que nous leur portons ; réorienter nos priorités en conséquence.
Mais quels drames devront nous affronter d’abord pour dissoudre cette folie collective qui empêche cet examen de conscience ??

C’est Teilhard de Chardin dans ce marasme ambiant, qui est pour moi celui qui ouvre les voies d’une espérance. Déjà en 1939, voyant poindre une deuxième guerre mondiale qui s’annonçait terrible, il observait la remontée en puissance de ces proclamations mettant en avant comme un incontournable, « la route prise par la Vie, dès les commencements : la survie du plus apte », cette « loi de la sélection naturelle » déjà évoquée et qui semble toujours massivement active dans ce qui régit les rapports internationaux. Mais, s’il souligne ainsi ce retour en force de « la lutte impitoyable d’individu à individu, de groupe à groupe, pour se dominer. A qui mangera l’autre… », c’est pour mieux affirmer sa conviction, qu’il étaye très longuement dans son œuvre, que selon lui, « parvenue au niveau de l'Homme, la Nature, justement pour rester fidèle à elle-même, a dû transformer ses voies. Jusqu'à l'Homme, oui : les branches vivantes se développent, surtout en s'étouffant l'une l'autre et en s'éliminant ; la loi de la jungle. À partir de l'Homme au contraire, et à l'intérieur du groupe humain, non : le jeu n'est plus de s'entre-dévorer. La sélection opère toujours, bien sûr, encore reconnaissable. Mais elle ne tient plus désormais la première place. C'est que la Pensée, par son apparition, a conféré à l'Univers une dimension nouvelle. »
Dimension nouvelle qui forcément finira par s’imposer, car nous dit-il, toute action contraire nous conduira systématiquement vers des phases de destructions massives.
Et nous voilà donc face à un nouvel épisode de rechute, avec dans nos mains des instruments autrement plus potentiellement destructeurs et terribles que les fois précédentes. Comme dans nos chemins individuels, c’est souvent la souffrance qui est le moteur des changements que nous rechignons à entreprendre tant que le seuil de douleur apparaît supportable.
Faut-il pour conclure redire ici ces chemins maintes fois indiqués, que les crises climatiques et de la biodiversité nous hurlent de plus en plus fort aux oreilles sans que nous parvenions à l’entendre ??
Dialoguez, coopérez, trouvez les voies d’une équité globale qui puisse mobiliser les forces créatives partout dans le monde, pour œuvrer en commun à réparer la terre et le vivant, les individus abimés, assurer à tous l’accès à une vie digne : la sécurité physique et alimentaire ; l’éducation ; le soin ; les possibilités d’un épanouissement de ses talents personnels.
Bien sûr il y a un prix à payer : nous devrions accepter pour cela de nous en remettre à des autorités d’arbitrage supranationales qui auront à définir, décider et mettre en œuvre les grandes lignes, cadres et objectifs d’un retour aux équilibres perdus. Les plus riches, les plus développés, devraient, c’est incontournable, évoluer vers des modes de vie plus sobres, compatibles avec les équilibres planétaires et un usage équitable des ressources.
En attendant… veillons dans les tempêtes, à toujours garder notre Humanité.

14 octobre 2015

Présidentielle Américaine et médiocratie....

Malheureusement, pas grand chose à en attendre des futures élections présidentielles américaines... le système est tellement corrompu, tellement soumis au pouvoir de l'argent que même l'élection d'un président "éclairé" ne pourrait permettre les changements de cap nécessaires !
Et c'est grave pour nous tous ! Les Etats-Unis exercent un tel leadership économique et financier, en s'appuyant sur une administration, une puissance militaire et des outils de surveillance et de contrôle, totalement au service de leurs intérêts économiques hégémoniques - même leur président est impuissant à contrer ce système, ligoté par un congrès largement soumis aux lobbys de tous poils - qu'il ne nous est pas loisible de nous écarter de ce modèle, sinon au risque d'être balayé de la sphère économique dominante qui assure notre relative richesse.
L'administration Georges Bush a été au paroxysme de ce système, une vraie caricature, semant la désolation dans l'ensemble du moyen-orient en en tirant un enrichissement considérable, tout en revendicant "Dieu à leur côté", bien voyons ! Et pourtant, malgré l'énormité de la chose, aucun responsable n'a vraiment été inquiété ! Un scandale absolu !!
Tant que le leadership du monde sera ainsi bâti sur un système de pillage systématique, de dissimulation, de surveillance intrusive, d'hégémonie militaire, de soumission aux lobbys économiques et financiers, il n'y aura pas de solutions aux problèmes de la planète. Nous ne sommes en France qu'un petit vassal, avec certes la possibilité d'une parole différente, mais sans possibilité d'agir différemment. Il suffit de comprendre cela pour éclairer les contradictions de nos politiques, qu'elles soient de gauche ou de droite... On peut toujours protester, s'indigner, se mettre en colère, mais pas s'écarter dans nos actes du modèle dominant, celui du pillage des ressources de la planète, sans éthique, sans morale, sans trop se soucier des dégâts collatéraux !! Sauf si nous sommes prêt à évoluer vers la "sobriété heureuse" et à une diminution de notre part de la richesse globale.
Bernie Sanders, parle bien, dis de belles vérités... Mais même s'il devait être élu, il y a très peu de chance qu'il puisse changer le système !

Et puis il y a Trump... Qu'un tel monceau de bêtise, d'argent et de cynisme puisse candidater pour devenir président de l'Etat le plus puissant de la planète en dit long sur la médiocrité des "grands" de ce monde. Un indicateur de la dérive médiocratique de dirigeants soumis aux puissances de l'argent. Partout dans le monde les campagnes politiques nécessitent de l'argent, un argent que les fortunés et les entreprises réservent à ceux qui servent leurs desseins... On voit où cela nous mène !

On pensait avoir, avec Georges Bush, et chez nous avec Hollande et Sarkozy, touché le fond de la médiocrité, et voilà Trump qui laisse entrevoir que l'on peut faire beaucoup mieux dans l'imbécilité aux commandes !  Et avec les bandits mafieux de Goldman Sachs à la tête des principales institutions financières de la planète, voilà une situation bien explosive et inquiétante !      Tout semble se mettre en place pour un bouquet final spectaculaire du capitalisme sauvage  : vous avez aimé la crise de 2008, vous allez adorer ce qui se prépare !

Plutôt que de dire "tous aux abris", il s'agit plutôt de se tourner vers le monde de demain, déjà émergent, de lui adjoindre nos forces pour construire un avenir débarrassé de la folie consummériste ! 

6 octobre 2015

Quand POUTINE répond aux accusations des occidentaux

Cette interview de Poutine est intéressante à entendre.

https://www.facebook.com/Pcn.luc.Michel/videos/665368756930879/

Des positions qui démontrent qu'il n'y a pas le bien d'un côté, le mal de l'autre... la réalité est "entre gris clair et gris foncé".
Et qui montrent aussi à quel point nous sommes, nous occidentaux, sous l'influence des Etats-Unis.... Nous avons regardé avec scepticisme les années Bush, et le chaos semé en Afghanistan et en Irak, en Lybie ensuite, mais malgré tout nous avons incorporé le message sous-jacent d'une exemplarité des systèmes démocratiques occidentaux qui nous autoriserait a imposer nos règles partout et à tous....
C'est oublier bien vite que nos soit disant démocraties ne contrôlent plus rien, ni les volontés de puissance du complexe militaro-industriel américains, ni les pratiques de gangster de la maximisation des profits, qui pillent, exploitent, tuent, intimides, en se jouant des contradictions des juridictions locales, en échappant aux exigences de participation fiscale à la collectivité.... Un vaste système de pillage qui use de l'influence de l'argent, et de toutes les manipulations possibles et imaginables pour aller toujours plus vite, toujours plus loin et où le premier qui s'arrête est mort, vampirisé par ses concurrents. Et l'on retrouve les mêmes mensonges quand l'empire militaro-industriel veut envahir l'Irak (armes de destructions massives), les mêmes outils de pressions politiques, financières, médiatiques, d'intimidations, que quand une multinationale veut imposer ses produits, ses méthodes, ou se dégager d'assumer des responsabilités coûteuses. Un système complètement dérégulé et hors de contrôle qui mène la planète à l'implosion... Et le pire c'est que nous tous, ressortissants des démocraties occidentales, nous en tirons quelque chose dans notre confort de vie et notre "pouvoir d'achat" puisque c'est vers nos pays que revient la manne tirée de ces pillages !
Poutine peut facilement apparaître comme le "grand méchant" dans cette affaire tant sont visibles ses manipulations de fin stratège.... Pourtant les méthodes de nos grandes multinationales et de ses serviteurs, que l'on ne peut connaître qu'en "caméras cachés" et après de colossales efforts pour franchir les barrières de protections ou démêler l'échevaut des sociétés écrans et autres montages dissimulateurs d'une complexité inouïe, sont bien du même acabit ! Et surtout, si l'on devait comptabiliser le nombre de morts que l'on devait à l'un ou à l'autre système, il n'y aurait pas photo !!
Alors, cela doit être écouté, entendu, comme un autre son de cloche et qui a aussi sa part de vérité.

2 septembre 2015

Ces images que nous ne voulons pas voir...

Fermons les yeux.... que le drame des migrants et des réfugiés reste une abstraction, un alignement de chiffres et de statistiques, mais qui ne dérange pas nos petits plaisirs et soif insatiable de pouvoir et d'argent

http://usuncut.com/world/facebook-banned-photos-europes-refugee-crisis/